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****Candice****
Je n'ai jamais été une fille ordinaire. Loin de là. Pour être honnête, j'ai toujours été ce que les gens ordinaires aiment à appeler une originale. Ma vie était à l'image de celle que j'étais ... bizarre. Je ne savais pas vraiment à quel moment j'avais pris conscience de cette particularité, peut-être l'avais-je toujours su... Les choses avaient souvent mal tourné pour moi et j'avais fini par mettre ça sur le compte de la fatalité. Si Dieu existait, c'était un être pervers et sadique, sans pitié ni merci.
J'était le jour de ma naissance que la fatalité m'avait frappée la toute première fois, pour ne plus jamais me lâcher ensuite. J'avais poussé mon premier cri à 3h31 du matin, ma mère avait poussé son dernier souffle à 3h48. 17 minutes... J'avais eu une mère pendant 17 minutes. Née sous une mauvaise étoile comme on dit. Bien que je n'en sois pas consciente à l'époque, ce qui se passa ce jour là allait déterminer le reste de mon existence.
Mon père avait aimé ma mère passionnément. Il l'aimait toujours désespérément. C'était pour cette raison que dès le premier jour, quand l'infirmière de pédiatrie avait déposé dans les bras de cet homme brisé le bébé dont il était désormais l'unique responsable, tout ce qu'il vit en moi ce fut la meurtrière de sa femme. Je ne lui en voulais pas, en avais-je seulement le droit ? Bien malgré moi, je lui avais pris la seule chose qui donnait un sens à son existence, j'avais ruiné sa vie. Il ne me le pardonnerait jamais.
Mes débuts furent donc chaotiques, à l'image du monde dans lequel j'allais désormais devoir évoluer.
Depuis, la fatalité avait continué à me foudroyer sans relâche et je guettais le jour où elle frapperait si fort que je ne m'en relèverai pas.
Elle m'avait donné les yeux de ma mère tout d'abord, chose que mon père ne pouvait supporter. Me voir chaque jour était une véritable torture pour lui et il m'en faisait payer le prix. Elle avait fait de moi une fille étrange ensuite, avec un cerveau doué de capacités trop impressionnantes pour mon bien. Enfin, coup de grâce, elle avait fait de moi une infirme. Oui, si Dieu existait, il était sans conteste mon pire ennemi
Durant mon enfance, j'ai passé la majeure partie de mon temps entre la maison – je ne disais pas ma maison car je ne l'avais jamais ressenti comme telle – et les urgences de l'hôpital. J'avais inventé un nombre incalculable d'histoires plus aberrantes les unes que les autres pour justifier mes visites répétées. Les incontournables : chute dans les escaliers, vélo, patins à roulettes, cabane dans les arbres... et les plus douteuses : somnambulisme, sports extrêmes, course poursuite avec un animal enragé (vu mon état à mon arrivée aux urgences, inutile de préciser qui avait gagné)... Malgré les soupçons du corps médical, mes indéniables talents d'actrice avaient toujours suffit à calmer leurs réticences. Les voyants de mon instinct de survie étaient au rouge, mais je ne pouvais pas me résoudre à faire à cet homme - mon père - plus de mal que je ne lui en avais déjà fait. J'aurais du fuir, mais je m'en étais rendu compte trop tard. Je l'avais compris alors que les sauveteurs essayaient de me désincarcérer de la voiture que mon père avait écrasée contre un arbre.
Ce jour là, nous nous rendions à un rendez-vous à mon école. Cela faisait des jours que mon institutrice essayait de rencontrer mon géniteur mais celui-ci l'avait toujours soigneusement ignorée. Elle avait fini par le menacer de se déplacer elle-même jusqu'à chez lui et il avait cédé. Personne n'entrait jamais dans la maison, mon père ne l'y autorisait pas. Le mot le plus juste pour designer l'endroit où je vivais était sanctuaire. Un temple dressé à la mémoire de l'être chéri injustement disparu. Comme tous les lieux de culte, c'était une terre sacrée que nul ignorant ne devait fouler. J'étais d'ailleurs tout juste tolérée que parce que je devais bien dormir quelque part et que me réduire à l'appentis à bois aurait éveillé les soupçons. Les apparences étaient notre religion. Bien entendu, j'avais reçu une sévère raclée pour avoir obligé mon père - par mon comportement anormal - à concéder cette rencontre.
Je savais pourquoi nous étions tous les deux convoqués : j'étais étrange. Plusieurs indices avaient menés mon institutrice à ce verdict sans appel. Certains étaient plus discutables que d'autres d'ailleurs. Mon attitude durant la classe était de ceux que je ne pouvais malheureusement pas réfuter. J'étais, sans vantardise, nettement plus intelligente que la moyenne des enfants de mon âge, ce qui avait pour conséquence que l'école m'ennuyait à mourir. Du coup, je pouvais m'évader durant des heures dans les méandres de mon esprit bouillonnant. Le problème c'est que vu de l'extérieur, j'avais juste l'air d'une élève rêvasseuse et apathique. C'avait jusque là était toléré car mes résultats scolaires étaient exceptionnels. Mais c'était l'incident avec Dick Donovan qui avait emballé la machine. C'était la brute épaisse de l'école et il me terrorisait à peu près autant que tous les autres. Ce jour là, il avait décidé de s'en prendre à toutes les filles une par une. Il avait réussi à me coincer dans la classe au moment où tout le monde était sorti en récréation. Il m'avait sauté dessus mais avant qu'il n'ait pu me peindre le derrière en bleu ou autres stupidités de ce genre, toutes les vitres de la salle de classe avaient volé en éclats. Cette espèce de traitre avait par la suite juré ses grands Dieux que c'était moi qui avais fait ça. J'eus beau juré ne m'être jamais approchée des fenêtres, la directrice décida de contacter mon père, ce qui nous conduisit indirectement dans le ravin de Duroc.
Voila comment à neuf ans, j'étais devenue aveugle.
La fatalité.
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Nous étions deux Moi. Deux entités contraires et pourtant indissociables. Comme la thèse et l'antithèse, le jour et la nuit. Nous marchions de paire, sans antagonisme. Ces deux essences de moi-même donnaient Candice. Extérieurement, j'étais une jeune fille exubérante et enjouée, qui portait des tenues allant de l'extravagant au farfelu. C'était la Candice du grand public, haute en couleurs. Celle qu'on ne pouvait qu'adorer ou détester, sans demi-mesure. Cette étiquette avait petit à petit remplacée celle de l'aveugle, jusqu'à parvenir à la faire presque totalement disparaitre. Ca me convenait très bien. Intérieurement, c'était une autre histoire. Les ténèbres perpétuelles qui étaient devenues mon univers avaient assombri le ciel. Je régnais sur un royaume dangereux et menaçant, peuplé de créatures violentes et sanguinaires.
J'aimais les gens. J'avais appris à apprivoiser l'espèce humaine et ses représentants se confiaient à moi avec une facilité déconcertante. On aurait pu croire qu'ils n'auraient pas osé se plaindre devant moi des problèmes qui pesaient sur leur existence, par pitié ou par compassion. Mais au fur à mesure que l'étiquette aveugle s'était effacée, ils m'avaient ouvert leurs c½urs sans retenue, me laissant pénétrer dans leurs royaumes personnels, habile façon de fuir le mien. Car dans le mien, personne n'était jamais autorisé à y pénétrer. Il était bien trop hostile pour que je laisse quiconque prendre un tel risque. Je connaissais les gens, eux ne me connaissaient pas. Ca aussi ça me convenait. Je n'étais pas malheureuse.
J'étais assise derrière le comptoir de la caisse de la librairie dans laquelle je travaillais. J'adorais mon boulot. Cet endroit me plaisait. Je ne suivais plus de scolarité normale, de toute façon l'école n'avait pas grand choses à m'apprendre que je ne sache déjà. J'avais intégré un cursus universitaire par correspondance et mon patron, Spencer Wheelwright, suivait cela de près. Pour lui, mon intelligence était un don de Dieu dont il serait égoïste de ne pas faire profiter le monde. Il me croyait destinée à de grandes choses, et il n'y avait pas moyen de l'en faire démordre. Il m'avait engagé quand j'avais eu 16 ans, histoire que je puisse me faire un peu d'argent de poche. Il était devenu une sorte de confident pour moi, bien que je ne lui confie que peu de choses... C'était déjà plus qu'avec n'importe qui d'autre. Lui aussi était ce que les gens appelaient un original. Si je ne m'étais pas inclus moi-même dans cette catégorie, j'aurais dis qu'il était un peu fou. Mais c'était un homme extraordinaire, qui inventait des histoires qui l'étaient tout autant, et qui avait parfois un peu trop tendance à y croire. Il avait tout aménagé ici pour que je sois à mon aise et que ma cécité ne soit pas un handicap. Il avait même investi dans un transcripteur automatique en braille, du coup, tous les ouvrages que nous possédions m'étaient accessibles. Pour une aveugle, c'était le nirvana.
Dans quelques mois, j'aurai passé autant d'années dans la lumière que dans le noir. Je sentis ma poitrine se serrer à cette pensée et j'en aurai surement pleuré si j'en avais été capable. Techniquement c'était le cas, mes yeux morts étaient toujours à même de déverser les torrents de mon âme. Pourtant je pleurais rarement. Je n'en ressentais pas le besoin. Le refuge que représentait les larmes pour certains, moi je l'avais trouvé ailleurs. Dans ma tête. C'était l'endroit le plus sûr au monde pour quelqu'un comme moi, une fille maudite.
J'y avais bâti l'impressionnant palais qui contenait mes souvenirs, mes rêves, ma douleur, mes espérances.
Cette idée m'était venue très tôt, alors que je cherchais un moyen de canaliser les flots incessants qui tourbillonnaient dans mon esprit. J'avais souhaité trouvé un système qui me permettrait d'organiser et de classer mes pensées et mes souvenirs afin de les protéger des ravages du temps et de la cécité. C'est ainsi que mon « palais-mémoire » était né.
Je l'avais fortifié au fil des années et il était devenu une forteresse imprenable, cernée des hautes barricades et d'archères meurtrières. Même le ciel assombri et les créatures terrifiantes de mon royaume ne parvenaient pas à briser ses défenses. Ma Terre d'asile. Il m'arrivait de m'y promener durant des heures, arpentant ses vastes couloirs, pénétrant parfois dans une pièce ou dans une autre au gré de mes humeurs. J'inspectais ses nombreuses bibliothèques chargées d'histoires, ses armoires remplis de souvenirs, ses boites pleines d'images que je ne pourrai jamais plus voir ailleurs. C'était un endroit apaisant, lumineux et coloré. Je l'avais construit à mon image : étrange et mystérieux, un peu hors norme aussi. Ici, j'étais heureuse. La douleur n'avait pas droit de cité. J'avais enfermé mes tourments dans une petite pièce sombre des catacombes et j'y descendais rarement. Ici, le soleil brillait toujours.
Un léger souffle d'air m'obligea à quitter mon repaire. Je n'avais entendu aucun son, même pas celui de la porte d'entrée, m'indiquant qu'un quelconque client pouvait avoir pénétré dans la librairie. Je compris tout de suite.
- Que puis-je faire pour toi Emmett ?
Pour seule réponse, j'eus droit à un grognement furieux en provenance de l'intéressé.
- Bordel, comment tu fais ça ? s'indigna t-il. J'ai pas fais de bruit !
- Le talent Emmett, le talent...
En vérité, le fait que lorsqu'il passe il le fasse toujours à la même heure m'aidait un peu... Bien sûr, je ne lui avouerai jamais. Il s'était mis en tête de parvenir à me faire peur en me prenant par surprise au milieu d'une de mes « rêveries ». Autant ne pas lui donner d'atouts supplémentaires, son incroyable discrétion était déjà largement assez perturbante pour l'aveugle que j'étais. Ayant perdu la vue, je me reposais entièrement sur mes quatre autres sens que les années avaient rendus hypersensibles. Ils étaient devenus mes yeux. Emmett était la seule personne que j'avais jamais rencontrée à être capable de se rendre complètement « invisible » à mon oreille. Nous avions fais connaissance quand il avait presque failli me renverser (ce que Monsieur le fou volant avait toujours farouchement nié) sur le bord de la route forestière qui menait jusqu'à chez moi, et accessoirement jusqu'à chez lui. En entendant le crissement des pneus sur l'asphalte, j'avais instinctivement sauté dans le fossé... Qui s'était avéré être un peu plus profond que mon estimation initiale. Réaction qu'il avait par la suite analysée comme stupide et que moi j'avais préféré qualifier d'humaine. Il avait eu la décence de s'arrêter pour m'aider à en sortir et s'était tordu de rire pendant plusieurs minutes avant de me proposer de me déposer devant chez moi.
- Tu as besoin de quelque chose ? lui demandai-je.
- Je viens chercher une commande, ton patron a dit qu'elle devait arriver aujourd'hui.
- C'est pour toi ? m'enquis-je en consultant le carnet des livraisons.
- Surement pas, persifla t-il. Moi les bouquins, c'est pas mon truc. Mais elle doit être à mon nom.
Je ne pu m'empêcher de rire. Ca ne m'étonnait pas de lui. Je ne le connaissais pas vraiment mais j'avais plutôt bien cerné le personnage. Il était surement plus branché voitures et consoles de jeux... Il était l'une des rares personnes que je connaissais qui ne semblait pas s'émouvoir de mon handicap, au contraire, il aimait en plaisanter et ne m'épargnait aucune de ses blagues douteuses à ce sujet (l'histoire de ma visite dans le fossé étant l'une de ses favorites). Ca me plaisait. Je haïssais les gens qui s'apitoyaient sur mon sort. Lui aussi avait quelque chose de bizarre, je l'avais senti dès notre première rencontre/accrochage. Il cachait quelque chose, comme moi. Si j'avais été différente, nous aurions certainement pu être amis. Après tout, nous étions presque voisins.
- Je vais te chercher ça, repris-je en m'éloignant du comptoir.
La librairie était en quelques sortes mon terrain de jeu favori, mon domaine. Je me dirigeai vers la réserve avec l'aisance que confère l'habitude, évitant sans même avoir à y penser les bibliothèques et les étalages. Je connaissais par c½ur l'emplacement de chacun des milliers d'ouvrages qui la constituait.
- Tu vas à la fête du printemps ?
Je sursautai si violemment en entendant sa voix si proche dans mon dos que je manquais d'échapper le colis que je tenais dans les mains. Ce type était d'un silence surnaturel ! Cela m'intriguait autant que ça me frustrait. Je n'avais pas l'habitude d'être trahie par mes sens.
- Je t'ai eu... Me glissa t-il à l'oreille.
- Et je ne suis visiblement pas la seule aveugle dans cette librairie !
D'un signe de tête, je désignais la porte ouverte de la réserve sur laquelle était placardé (je le savais présent bien que je ne le vis pas) un écriteau indiquant « accès strictement réservé au personnel ».
- Les règles ne sont pas faites pour moi.
- Anarchiste ?
- Si on veut, éluda t-il. Mais tu n'as pas répondu à ma question.
En effet, c'était délibéré. La fête du printemps ! J'avais vainement tenté de ne pas y penser de la semaine, mais elle se rapprochait inéluctablement... Ca m'horrifiait.
Cette fête – à laquelle je n'avais de toute façon aucune intention de participer - était surtout synonyme du retour de mon père à la maison. Lui et son équipage y assistaient tous les ans, comme tous les marins-pêcheurs d'Harbor Crescent. Elle avait à l'origine été créée pour célébrer leur rentrée au port après la campagne de pêche hivernale. Nous étions jeudi, la fête était samedi, mon père serait là demain. La perspective de passer les prochains jours avec mon géniteur n'avait rien pour me réjouir, loin s'en fallait. Entre nous les choses ne s'étaient pas arrangées et ça ne serait jamais le cas. Si j'avais pu lui faire du mal dans le passé, il avait fait plus que remettre les compteurs zéro et une part de moi, dont je ne voulais pas connaitre la violence, souhaitait qu'il ne rentra jamais.
- Ca ne me dit rien. Tu y vas toi ?
- On verra. Ca dépendra de ce que les autres ont prévu.
C'est vrai que lui avait une famille. Leur installation il y a quelques mois avait mit toute la petite ville en émoi. Typique. Ils alimentaient toujours pas mal les potins, mais je savais que ça ne durerait pas. Les Cullen ne se mélangeant que très peu au reste de la population d'Harbor Crescent, le stock de rumeurs à leur sujet s'épuisait dangereusement et bientôt les gens finiraient par se lasser. Pour vivre heureux, vivons cachés !
Je n'avais rencontré qu'un seul d'entre eux hormis Emmett, sa mère. Une femme subjuguante. Elle était venue acheter des livres à la librairie une fois et sa seule voix avait suffit à m'envouter. Un son doux et mélodieux. Nous n'avions pas beaucoup parlé toutes les deux, mais j'avais tout de même tenté d'imaginer le visage qui pouvait correspondre à ce son suave et éthéré. Je faisais ça très souvent. A chaque fois en vérité. J'avais besoin de joindre une image à la parole. Plus j'apprenais à connaitre une personne, plus ses traits se précisaient dans ma tête, comme un portrait au fusain qui s'affinait à chaque passage de la main de l'artiste. Les quelques fois où j'avais véritablement touché le visage que j'avais imaginé, ma représentation mentale avait rarement était contredite, améliorée tout au plus. Dans mon esprit, le visage de Madame Cullen était magnifique, angélique. Des lignes saillantes, des traits aériens, des courbes harmonieuses. Il ne me manquait que les couleurs. J'imaginai les traits d'Emmett plus dures, le visage plus angulaire mais tout aussi séraphique.
Un klaxon retentit dans la rue et nous comprîmes tous les deux ce que ça voulait dire.
- Je dois y aller ! Garde la monnaie, lança t-il.
Il me saisi le paquet des mains avant que je n'ai eu le temps de réagir. J'entendis la porte s'ouvrir presque simultanément, avec plus de violence cette fois que la première. En plus d'être étonnamment silencieux, il était aussi incroyablement rapide. Bizarre.
De retour dans la boutique, je laissais courir mes doigts sur la surface rugueuse du comptoir de la caisse pour y découvrir le billet froissé qu'Emmett y avait laissé. Les incrustations du papier m'informèrent qu'il couvrait presque le double de la somme qu'il ne m'avait pas laissé le temps de lui réclamer.
De nouveau seule dans la petite librairie aux odeurs enchanteresses, je replongeais dans la forteresse de solitude de mon esprit, à l'abri du monde qui m'entourait.
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